Hi-Gé

Programmes, liens, prolongements de formations, propositions de didactisations, compte-rendus, fiches, synthèses, débats permettant de faire le lien entre histoire et géographie universitaires et enseignées. Blog de mutualisation d'un historien-géographe, enseignant-formateur de professeurs des écoles, destiné aux étudiants, aux enseignants stagiaires et titulaires en formation.

Deux citations en exergue rappelant l'importance de nos disciplines en société : "Homère est nouveau ce matin, et rien n'est peut-être aussi vieux que le journal d'aujourd'hui" (Charles PEGUY) ; "Si tu veux de la vérité, apprends la géographie : c'est elle qui dicte les commencements" (Erik ORSENNA, Mali, ô Mali, Paris, Stock, 2014).
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mercredi 2 octobre 2019

Questions posées après un oral d'EMC : Faire des choix éclairés pour limiter l'impact de nos déchets sur l'environnement

Partie scientifique :

- Concernant l'environnement, dans quels projets peuvent s'engager les écoles ?
- Que pouvez-vous faire pour montrer à vos élèves comment limiter l'impact des déchets sur l'environnement ?
- Quels sont les horaires consacrés à l'EMC ?
- Dessinez le schéma du développement durable au tableau et expliquez.
- Avez-vous entendu parler des dernières mesures prises concernant le développement durable ?
- Qu'est-ce qu'un citoyen ?
- Qu'est-ce que la démocratie ? Comment se traduit-elle en France ?
- Comment est élu le Président ? Comment sont "élus" les ministres ? Les députés ? Les magistrats ?
- QUelles grandes villes traverse le Rhin ? En Suisse ?

Partie didactique :

- Comment organisez-vous le débat en EMC ?
- Quels sont les autres outils utilisés en EMC ? Donnez un exemple concret.
- Donnez un exemple de dilemme moral. (Réponse de la candidate : un dilemme moral sur l'amitié et l'argent au cycle 2) Qu'est-ce qui s'oppose ici dans ce cas ? Que doivent en retenir les élèves ?
- Que doivent vérifier les élèves sur internet pour voir que leur connexion est sécurisée ?
- Comment évaluez-vous vos élèves ?
- Comment vont-ils se préparer à l'oral ?
- Ne pensez-vous pas que demander aux élèves de s'entraîner chez eux pour préparer cet oral favoriserait ceux qui ont des parents qui les aident ?

mercredi 8 mai 2019

Question d'oral : quelle différence faites-vous entre "situer " et "localiser" en géographie ?

"Localiser" vient du latin locus ("point, position") et signifie placer par la pensée dans un endroit particulier. Les coordonnées géographiques (latitude, longitude) et la toponymie permettent de répondre à la question "où". Exemple : l'école est dans le centre-ville de Lille.

"Situer" vient du latin situs ("situation") et conduit à placer, à poser en un certain endroit par rapport à d'autres repères connus. Situer permet de répondre à la question "par rapport à quoi". Les quatre points cardinaux ou des grands repères de géographie physique peuvent être mobilisés. Exemple : Lille se trouve au Nord de la France.

Question d'oral : Qu'est-ce qu'"habiter" en géographie ?


Au programme de géographie au cycle 2 et au cycle 3, on ne peut toutefois pas donner à « l’habiter » une définition immuable. Habiter n’est pas seulement le logement, le mode de vie, l’évolution des formes de l’habitat. Il s’agit d’un processus qui dépend des relations entre l’habitant, l’espace habité et la façon de cohabiter (Lazarotti, 2006). 

« Habiter » implique des savoirs, des discours et des pratiques des lieux géographiques, qu’on construit autant qu’ils nous construisent (Lazarotti, 2014) qu’on habite autant qu’ils nous habitent. 

Mathis Stock, dans un article fondateur de la revue Espaces Temps (2004), définit l’habiter comme « la pratique des lieux géographiques ». Pour lui :
- dans un contexte de mobilité accrue, l’homme n’habite non plus la Terre mais « des » lieux géographiques ; poids du rapport aux lieux de la vie quotidienne ;
- habiter, c’est pratiquer des lieux géographiques (mis en réseaux, horizontalement, par ses mobilités). L’individu « est inséré socialement et géographiquement dans plusieurs contextes » et milieux, verticalement ;
- il existe différents modes et plusieurs régimes d’habiter : cela dépend de l’usage que font les acteurs des lieux géographiques ; toutes les façons de pratiquer des lieux doivent être prises en compte ;
- un lieu géographique, mais plusieurs systèmes de représentation, de construction symbolique.

Mathis Stock (2004) décrit l’impact des mobilités sur la définition nouvelle de l’« habiter » en géographie. Les logiques résidentielles, familiales, professionnelles, touristiques font que l’on passe d’un « mode d’habiter mono-topique, centré sur un seul lieu » à « un mode d’habiter poly-topique », mettant en relation par les pratiques humaines plusieurs lieux de vie.

Lazarotti, O. (s.d.). Habiter. Hypergeo. En ligne sur http://www.hypergeo.eu/spip.php?article652#
Lazarotti, O. (2006). Habiter. La condition géographique. Paris : Belin.
Lazarotti, O. (2014). Habiter le monde. Documentation photographique, 8100. Paris : Documentation française.
Stock, M. (2004). L’habiter comme pratique des lieux géographiques. EspacesTemps. En ligne sur https://www.espacestemps.net/articles/habiter-comme-pratique-des-lieux-geographiques

dimanche 16 décembre 2018

Sept façons d'enseigner : retour comparatif sur les démarches pédagogiques à choisir

Pour enseigner l'histoire-géographie-EMC... et pas que l'histoire-géo-EMC, il existe 7 chemins, démarches ou types de pédagogie, rangés ici dans l'ordre grandissant de l'intérêt et de la motivation qu'ils suscitent chez les élèves :

1. Le cours magistral
2. La maïeutique : le cours dialogué
3. La démarche inductive
4. La démarche hypothético-déductive
5. La séance socio-constructiviste
6. La pédagogie de projet
7. Les jeux de formation

Un tableau synoptique permet de définir chacune de ces démarches, de rappeler quelles postures elles donnent au maître et quel est le travail effectué par les élèves. Un bilan des avantages et des limites de chaque démarche (qui, dans une séance qui se déroule concrètement sur le terrain, n'est pas forcément "pure" ou exclusive) est également proposé : à télécharger ici.

samedi 8 décembre 2018

L'approche par compétences en histoire-géographie

Alors que d'autres disciplines (SVT par exemple) pratiquent depuis longtemps une réelle approche par compétences, l'histoire-géographie est longtemps restée dépendante d'une approche par contenus, n'effectuant, après les choix didactiques et de contenus, qu'un saupoudrage de compétences.

Les nouveaux programmes de 2016 invitent à renverser la logique, et à se poser d'abord la question des compétences travaillées par les élèves, en lien avec les cinq grands domaines du socle commun de compétences et de culture, puis la question des problématiques et des contenus disciplinaires.

Voici un grand tableau synoptique permettant, en un seul coup d'oeil, de voir quelles compétences doivent être travaillées aux cycles 1, 2, 3 et 4 en lien avec l'histoire-géographie, d'après les programmes et les documents d'accompagnement, en toute progressivité.


Un prochain billet proposera la même grille de compétences à travailler en EMC.

dimanche 19 août 2018

Oral géographie : ne pas confondre environnement et climat, ne pas réduire la préservation de l'environnement à la lutte contre le réchauffement climatique

Le traitement que les médias réservent aux séquences de canicule attire l'attention sur le réchauffement climatique, auquel nous avons consacré un billet précédent.
Pourtant, il ne faudrait pas que cette question du réchauffement climatique résume à elle toute seule toutes les problématiques environnementales. 
Guillaume Sainteny, haut-fonctionnaire du ministère de l'Ecologie, a même publié en 2015 un essai au titre évocateur : Le climat qui cache la forêt. Comment la question climatique occulte les problèmes d'environnement (Rue de l'Echiquier).


Réduire l'environnement au climat est une simplification exagérée. 
En réalité, Guillaume Sainteny,  (Marianne, 17 août 2018, p.8), identifie quatre dimensions dans la préservation de l'environnement, qui ne sont pas à séparer mais à considérer les unes en lien avec les autres :
- la lutte contre la pollution de l'air ;
- la lutte contre les inégalités de l'accès à l'eau potable ;
- la préservation de la biodiversité (et donc souvent des paysages) ;
- le climat (donc la lutte contre les dérèglements climatiques).
Ne s'intéresser qu'au climat est donc une erreur : c'est ignorer que le réchauffement climatique provoque une baisse de la biodiversité (extinction d'espèces végétales et animales). Les liens entre ces quatre dimensions sont essentiels pour comprendre les enjeux du développement durable.

dimanche 15 juillet 2018

Oral géographie : depuis quand s'inquiète-t-on du réchauffement climatique ?

Le premier scientifique à avoir étudié le réchauffement lié à la consommation de charbon est le chimiste suédois Svante Arrhenius en 1896. Mais ce Suédois voyait le réchauffement climatique comme une aubaine, pour l'agriculture de son pays et les régions les plus froides de la Terre.

C'est aux Etats-Unis en 1956 qu'est publié dans le New York Times l'article le plus clair à ce sujet. Les journalistes craignent le pire, sachant que les ressources en énergie fossile sont encore nombreuses.

A la fin des années 1980, une grave sécheresse aux Etats-Unis et des incendies en Amazonie amènent à réfléchir aux gaz à effet de serre. Les Nations-Unies créent une "Commission mondiale sur l'environnement et le développement" confiée à l'ancienne Première ministre norvégienne Gro Harlem Brundtland. Le rapport Brundtland est rendu public en 1987. Il a pour titre "Notre avenir à tous", et définit ce que doit être un "développement durable" (sustainable development en anglais).

Mme Brundtland, Première ministre de Norvège en 1981, 1986-1989 et 1990-1996), auteur en 1987 du rapport des Nations-Unis sur le développement durable qui porte son nom.


En 1987 également, un premier accord international fixe les étapes à respecter pour éliminer des gaz nocifs pour la couche d'ozone.

En 1988 est créé le GIEC : le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. La même année, dans la revue Discover, Andrew Revkin tente d'identifier les possibles conséquences du réchauffement climatique : Miami submergée, ouragans toujours plus dévastateurs, fonte des neiges éternelles, problématiques autour de l'approvisionnement en eau.

Les gaz à effet de serre et leurs conséquences en une de Discover en octobre 1988, qui contient l'article fondateur d'Andrew Revkin sur les conséquences du réchauffement climatique.
En 1992 enfin, au Sommet de la Terre à Rio, les préconisations du rapport Brundtland commencent à être suivies.



lundi 25 juin 2018

Une carte mentale est-elle une trace écrite pour des élèves de cycle 3 ?

Une carte mentale (ou schéma heuristique) se compose de mots ou de groupements de mots reliés par des flèches, pour signaler des liens de cause(s) à effet(s), les différentes dimensions d'un sujet (dont le libellé est souvent placé au centre de ladite carte mentale).
Mais une carte mentale peut-elle faire office de trace écrite, qui remplacerait le sacro-saint paragraphe rédigé avec les élèves (le plus souvent sur le terrain, un texte à trous distribué, par souci de gain de temps, et pour éviter que les compétences visées soient perdues de vue par des élèves qui mettraient toute leur énergie au service du recopiage d'un texte) ?

La réponse est loin d'être évidente.
Une carte mentale EST une forme de trace écrite. Mais pas exclusive. Elle ne peut se substituer à elle toute seule à toutes les autres formes plus habituelles de traces écrites, et ce pour plusieurs raisons :
- exposer les enfants à une carte mentale, dont ils n'ont contribué qu'à une partie de son élaboration (à l'issue d'une phase de recherche par exemple, et pour restituer une partie des résultats) est insuffisant.
- les élèves qui n'ont pas su se l'approprier auront plus de mal à la réviser qu'un texte plus conventionnel.

Il faut donc qu'un carte mentale :
- soit personnelle : réalisée en entier par les élèves, pour se l'approprier : par exemple, laisser les élèves composer leur propre carte mentale pour transformer une trace écrite plus traditionnelle, mais préexistante ; ou à l'issue d'une phase de recherche, laisser les élèves transformer leurs résultats en carte mentale, puis comparer les différentes cartes mentales en oral collectif pour les confronter.
- soit réalisée en complément d'une autre forme de trace écrite.

En revanche, une carte conceptuelle peut servir de trace écrite, une fois l'institutionnalisation des connaissances accomplie. Voir ici la différence entre carte mentale et carte conceptuelle.

jeudi 31 mai 2018

Question d'oral géo : Quelle différence entre une carte, un plan et un croquis ?


Cartes et plans sont des représentations de l’espace, qui cherchent à rendre en deux dimensions une surface naturellement courbe, due à la forme sphérique de la Terre. Leurs points communs, c’est qu’ils ont été dressés selon une échelle, et en adoptant un certain nombre de figurés (choix graphiques). Certes, l’échelle choisie est plus grande pour un plan (au 1/500e par exemple) que pour une carte (au 1/50.000e). Certes, la carte peut paraître plus « scientifique » (les cartes IGN en France, qui suivent pour toutes les régions de France les mêmes codes) et le plan peut être vu comme un simple « dessin » de géomètre ou d’architecte. Mais il y a de réelles différences.

Alors qu’un plan offre la représentation d’un lieu (une ville, le quartier d’une ville, un bâtiment), la carte, elle, propose la représentation d’un espace. La toponymie est plus précise sur un plan (nom de rues, de places) que sur une carte. En revanche, sur une carte, les données topographiques (nature des sols, du couvert végétal, reliefs) et hydrographiques sont plus présentes. Les objectifs de réalisation et de lecture de ces deux types de documents obéissent aussi à des logiques différentes : le plan sert à se repérer et à s’orienter, la carte sert à se repérer, s'orienter et comprendre l’organisation d’un espace. Une carte représentant le monde entier porte le nom de « planisphère ».

Lorsque des élèves réalisent ou complètent un schéma d’organisation d’un espace (proche, productif, etc), on parlera de croquis. Le croquis n’est pas une représentation de l’espace, c’est un discours (sous forme graphique) sur l’organisation de l’espace étudié. C’est un outil de didacticien, et non le travail d’un cartographe ou de géomètre. En ce qui concerne la légende, elle est obligatoire pour lire une carte, essentielle pour comprendre un croquis, mais pas forcément présente pour accompagner la lecture d’un plan. Mais de manière générale, une bonne carte et un bon plan précisent toujours une orientation, une échelle et une légende pour guider la lecture et la compréhension du document.

lundi 28 mai 2018

Europe, UE, zone euro et espace Schengen : 4 réalités à ne pas confondre


Quatre terminologies à ne pas confondre. Ces mots désignent des espaces différents, qui ne coïncident pas toujours (pour ainsi dire jamais).

L’Europe désigne un continent. Elle est géographique, et non politique. Facilement délimitée au Nord (l’Arctique), à l’Ouest (océan Atlantique) et au Sud (mer Méditerranée), les limites Est entre l’Europe et l’Asie sont plus difficiles à déterminer. Par convention, l’Oural, la mer Caspienne, le Caucase, la mer Noire et le détroit du Bosphore en sont les limites. La Turquie est donc à cheval sur l’Europe et l’Asie (Istanbul, la capitale économique, se trouve en Europe, alors qu’Ankara, la capitale politique, se trouve en Anatolie, la partie « asiatique »). 750 millions d’habitants peuplent le continent européen. C’est très peu par rapport aux 4,5 milliards d’habitants du continent asiatique…

L’Union européenne est une construction politique : c’est un regroupement volontaire d’Etats, qui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale ont cherché à lier leurs destins. L’Union européenne naît officiellement en 1992 au moment du Traité de Maastricht, pour remplacer la CECA et la CEE. La citoyenneté européenne est automatiquement donnée à tous les citoyens nationaux. Aujourd’hui, l’UE compte 27 membres (depuis la sortie du Royaume-Uni, entré en 1973, mais Brexit voté en 2016) et 512 millions de citoyens. Dernier pays membre ayant rejoint l’UE : la Croatie en 2013.

L’espace de libre circulation ou « espace Schengen », créé en 1985 et effectif à partir de 1995, regroupe 26 Etats, mais cela ne concerne pas tous les membres de l’UE (l’Irlande et le Royaume-Uni avaient choisi de ne pas en faire partie). Certains Etats non-membres de l’UE (Suisse, Islande, Norvège) font partie de l’espace Schengen, et certains membres de l’UE sont en période de transition : la Roumanie et la Bulgarie (membres de l’UE depuis 2007) et la Croatie (depuis 2013) ont vocation à entrer pleinement dans l’espace Schengen à court ou moyen terme. 422 millions de citoyens peuvent circuler librement dans cet espace.

La zone euro regroupe les 19 pays membres de l’UE qui ont la monnaie unique en commun : l’euro (qui existe depuis 2002). Quelques autres micro-Etats utilisent également cette monnaie (Monaco, le Vatican, Saint-Marin et Andorre). La Lituanie en 2015 est le dernier pays à avoir rejoint cette zone euro, qui rassemble désormais 342 millions d’habitants. La capitale financière de la zone euro est Francfort, siège de la BCE (Banque centrale européenne). L’euro est aussi devenu une monnaie fréquemment utilisée dans des Etats voisins : le Monténégro et le Kosovo par exemple.

On a bien affaire à quatre espaces différents. Attention au vocabulaire employé : « zone européenne » ne voudrait rien dire… Soit vous parlez de la zone euro, soit de l’Union européenne.